Antoine Herteman, président de l’Avere-France : « Grâce au digital, l’électromobilité change d’échelle »

Depuis plus de 40 ans, l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique regroupe tout l’écosystème du secteur. Son ambition ? Œuvrer pour accélérer la transition vers la mobilité électrique. Des missions qui sont chères à Antoine Herteman, son président, et qui s’appuient chaque jour un peu plus sur les systèmes intelligents. Témoignage.

 

Quelle est l'activité de l'Avere-France ?

Antoine Herteman : L'Avere-France est une association professionnelle qui comprend 200 adhérents et représente l'ensemble de l'écosystème de l'écomobilité : cela va du fournisseur d'énergie aux transporteurs d'énergie, en passant par les fabricants de bornes électriques jusqu'aux fournisseurs de mobilité, comme les constructeurs ou loueurs de voitures, de deux-roues ou de bateaux. L'association existe depuis 1978, ce qui prouve que l'électromobilité date d'il y a bien longtemps ! Son envol remonte en revanche à il y a 2 ans. Notre rôle est d'être une référence et de faire de la représentation d'intérêt auprès des pouvoirs publics. Nous gérons également le programme de subventions CEE "Advenir". Il permet de verser des subventions aux copropriétés, aux entreprises ou aux collectivités qui veulent installer des bornes électriques. Il comporte par ailleurs un volet "Formations" dont l'objectif est de sensibiliser le grandpublic, les professionnels de l'immobilier et les élus et acteurs locaux à la mobilité électrique. Notre leitmotiv ? Trouver systématiquement la bonne manière de faire pour développer l'électromobilité !

 

Voitures électriques : le coup de boost donné par la digitalisation

 

Comment a évolué la mobilité électrique depuis 10 ans ?

Antoine Herteman : Il y a eu une rupture majeure. Prenez les véhicules électriques : là où l'on était à une offre de 3 ou 4 modèles de véhicules qui s'adressaient à l'époque à ce que j'appelle des pionniers, nous avons aujourd'hui plus de 200 véhicules électrifiés disponibles, que ce soit en hybrides rechargeables, en 100% électriques ou à hydrogène. C'est spectaculaire, il y a un vrai changement d'échelle. Et ce n'est pas fini puisuqe le marché de l'occasion - sur lequel les particuliers achètent 6 fois plus de véhicules que le neuf - commence maintenant à être concerné par cette évolution. En réalité, on ne se pose plus les mêmes questions. On ne se demande pas si nous nous dirigeons vers le transport décarboné mais comment fait-on pour y aller de la manière la plus rapide et la plus astucieuse possible. C'est très enthousiasmant !

 

Mobilité et digitalisation vont-elles de pair ? 

Antoine Herteman : Totalement ! On peut dire que les deux choses vont bien ensemble. les premières voitures électriques, justement, ont fait un pas en avant dans la "communicativité" des véhicules et les échanges avec les voitures, pour pouvoir piloter leurs recharges à distance par exemple. Ensuite, il y a d'autres développements comme les véhicules autonomes. Ce qui est sûr, c'est que la mobilité est un sujet très personnel. Il y a autant d'habitudes qu'il y a d'utilisateurs. Je ne sais pas si nous allons vers le 100% digital. mais cette digitalisation contribue à l'accélération des changements. L'important c'est que l'on puisse démontrer à tous le monde que l'on peut trouver une solution adaptée qui lui plaira.

 

"Être à l'écoute pour changer durablement les habitudes"

 

Quels sont les freins à lever pur accélérer cette évolution ?

Antoine Herteman : Je crois d'abord qu'il faut être humbles. Ce n'est jamais facile quand on met beaucoup de choses en interaction. Il y a beaucoup d'électronique et beaucoup de nouveaux systèmes, il est donc normal qu'il y ait des changements d'habitudes. Car oui, on ne fait pas le plein d'énergie électrique comme on faisait un plein d'énergie diesel ou essence ! Malgré tout, je suis confiant.
L'essentiel sera d'être pleinement à l'écoute des particuliers et de les aider en leur indiquant le bon chemin à prendre.

 

En quoi Open Energies est une opportunité pour vous ? 

Antoine Herteman : Vous savez, les salons professionnels sont toujours utiles parce qu'ils permettent de rencontrer des acteurs du secteur que l'on ne croise pas forcément tous les jours. C'est quelque chose d'important parce que la digitalisation de l'énergie est une écosystème qui n'est pas complétement stabilisé, cela bouge beaucoup avec des évolutions constantes. Ce nouveau salon va permettre de rester à la page.